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SAUTOUR

Sautour se compose de trois partie: bien distinctes et caractéristiques. A l'écart de la localité, à l'E., le «Vieux Sautour», site de l'établissement primitif du village, concrétisé aujourd'hui par une ferme-château et par le cimetière où SE dressait jadis l'église.

Ensuite, le bourg proprement dit, serré au sommet d'un éperon, à l'intérieur du périmètre d'une antique forteresse actuellement fort ruinée (r. Haut-du-Village).

En contrebas enfin, le « Faubourg », qui s'étire dans la vallée de l'Hermeton, au pied d'un versant agréablement exposé au S. (r. du Moulin et du Faubourg).

J.-L.J.

A. MAGNIETTE, Sautour. Le Vieux et le Nouveau, Neuville, s.d. [1905], exemplaire polycopié.

FORTIFICATIONS

La seigneurie liégeoise de Sautour fut détenue successivement par un grand nombre de familles, dont les Morialmé au XIIe s. et les Condé aux XIIIe et XIVe s. sont les plus anciennes connues; mais apparemment aucune d'entre elles n'y résida jamais. Car la forteresse ou « castrum», citée dès 1155, appartenait au prince-évêque de Liège. Elle joua un rôle important dans la défense de l'Entre-Sambre-et-Meuse, en connexion avec la châtellenie de Dinant. Commandée par un capitaine, elle était également une ville franche dont les habitants devaient assurer la garde et participer à la défense au XVe s. Délaissée après la création, en 1555, de la place forte de Philippeville, elle ne fut plus entretenue, malgré quelques occupations sporadiques et passagères.

La forteresse dessine un triangle irrégulier: elle épouse le sommet d'une butte abrupte, limitée au S. par la dépression de Famenne et sur les deux autres côtés par les ruisseaux de la Campagne et des Gérinaux, séparés au N.E. par une crête étroite parcourue par la seule route d'accès carrossable. Le tracé des murailles, qui ont tiré parti au mieux de nombreux petits à-pics rocheux, se repère encore aisément aujourd'hui, mais l'état de ruine en est tel qu'il est difficile d'en identifier ou même d'en énumérer toutes les composantes, de cerner les étapes de construction et d'établir une chronologie précise. Les éléments visibles actuellement remontent probablement aux XIIIe et XIVe s.

Flanc N.O.

C'est le plus long et le plus évocateur. Les restes d'une dizaine de tours épaulent assez régulièrement la courtine épaisse de 1,50 m. environ et qui ne dépasse guère aujourd'hui 1 m. de haut. A l'angle N.E., en bordure de l'unique route d'accès, restes d'une grosse tour circulaire d'au moins deux niveaux, presque entièrement englobée dans une maison (r. Haut du Village, 10). Au S., escaliers intramuraux superposés dont les marches posent sur des corbeaux en quart-de-rond; seul exemple de circulation intrapariétale dans toute la forteresse. Cette tour flanquait directement l'entrée et faisait probablement partie d'un châtelet. Juste au N., crête entaillée par un fossé profond d'une vingtaine de mètres, comblé en partie par le remblai de la route actuelle.

Vers l'O., deux tours de même forme, à demi écroulées, montrent encore deux niveaux. Quelques zones de pare¬ment primitif en moyen appareil de calcaire rappellent singulièrement les tours de Fagnolle. R.d.ch. voûtés jadis en calotte et quasi entièrement enterrés; à la 2e tour, vestiges du cintre surbaissé de la porte d'entrée, ainsi que de l'arc à ressauts et de l'ébrasement de deux des trois archères plongeantes. Etage de la 1' tour coiffé jadis d'une coupole dont les nervures retombaient sur des culots coniques à imposte moulurée; piédroit d'une porte (?) au S.

Ensuite, succession de cinq ou peut-être six tours semi-circulaires toutes semblables entre elles et dont les mieux conservées montrent au moins deux niveaux. Même appareil régulier qu'aux précédentes. R.d.ch. voûtés d'une demi-coupole percée d'un trou d'homme carré au centre. Porte d'entrée située à ce niveau, à linteau triangulaire en béton; trois archères plongeantes à linteau droit sur corbeaux en quart-de-rond, comme à Fagnolle, deux flanquantes et une de front. Etage aujourd'hui inaccessible; liaison avec un chemin de ronde éventuel inconnue.

Interrompant cette série de tours, solide donjon en bel appareil de calcaire, dénommé la «Grande Maison», peut-être du XIIIe s., en tout cas antérieur aux courtines. Construction rectangulaire d'environ 11 m. sur 8,50, qui comptait encore en 1830 plusieurs étages coiffés d'une bâtière d'ardoises, aujourd'hui nettement abaissée. La masse est largement recouverte de troènes communs et de lierre qui ne laissent voir que des pans aveugles, si on excepte, au S.E., la porte de plain-pied dont le lourd linteau en bâtière sous arc de décharge de même forme pose sur d'épais montants à deux harpes. Jadis enduit intérieurement, r.d.ch. impressionnant par sa voûte d'arêtes bien construite et haut placée. Au N.O., deux fenêtres jadis à banquette(s) et garnies de barreaux encadrent l'énorme cheminée dont les piédroits et la hotte ont disparu. Du côté S.O., accessible par une porte à linteau en bâtière sur corbeaux en quart-de-rond, long couloir intramural voûté en berceau et éclairé par deux fentes, menant à une latrine en encorbellement qui formait peut-être à l'origine une tourelle à l'angle 0. Disposition de l'étage et emplacement de son entrée inconnus.

Flanc E.          

Si son tracé se repère facilement, toute la portion N. de la muraille a disparu; vers le S., elle sert de soutènement aux jardins. Aucun organe de flanquement visible aujourd'hui, excepté, près de l'angle S.E., la célèbre porte dite «Romaine» ou Postiène », seconde entrée ou plutôt poterne de l'enceinte, dont le chemin d'accès fort raide est impratiquable pour le charroi. Au milieu d'un décrochement en biais de la muraille, haut portail en plein cintre entièrement reconstruit à la fin du XIXe s. et qui s'est substitué à une importante construction arrondie dont on voit toujours les arrachements; un étage percé d'une archère (?) existait encore avant ces travaux.

Flanc S.

Seul subsiste le tiers de la muraille environ, du côté O. Elle est épaulée par deux énormes contreforts semi-circulaires et apparemment pleins, postérieurs.

En outre, des documents anciens semblent y attester la présence d'au moins une tour circulaire dont aucun vestige n'est plus visible aujourd'hui.

Intérieur de l'enceinte

A proximité de l'entrée principale, solide tour carrée de deux niveaux en moellons de calcaire, d'environ 7 m. de côté, qui n'est pas contemporaine du rempart. Presque complètement remblayé, r.d.ch. percé jadis à l'O. d'une ou peut-être même de deux archères et couvert jadis d'un plafond plat; autres murs aveugles. Dans la paroi N. de l'étage, vestiges de l'embrasure d'une baie,

probablement la porte d'entrée: rainure verticale marquant peut-être l'emplacement d'une herse et profonds boulins sous le seuil.

Non loin de là, englobé à l'arrière d'une maison (r. Haut-du-Village, 11), mur d'un bâtiment médiéval de deux niveaux au moins en moellons de calcaire, dont on ne voit que le parement intérieur. R.d.ch. jadis voûté d'un berceau et percé d'une large porte en tiers-point aux claveaux relativement réguliers.

A côté du donjon, vaste cave ancienne dont l'accès a été refusé. Un large puits est signalé dans les environs immédiats au XIXe s.           

J.-L.J.

L.M. DE VUYST-HENDRIX, Sautour, curiosité belge peu connue, dans Parcs nationaux, t. XXXIV, 1979, p. 150-161; A. MAGNIETTE, Op. cit., p. 4-13; C.G. ROLAND, Les seigneurs de Morialmé avant le XVe s., dans ASAN, t. XXXV, 1922, P. 1-81.

EGL. PAROISS. ST-LAMBERT

Edifice néo-classique en calcaire construit vers 1840 et restauré après un incendie vers 1870. Au portail, remploi d'une clé portant : IHS / MARIA-ANNA / 1623», qui provient de la chapelle hexagonale que le Comte de Mérode et quelques bourgeois aisés firent ériger au flanc g. de l'église antérieure. Cette dernière avait remplacé au déb. du XVIIe s. le sanctuaire de Vieux-Sautour, siège d'une très vieille paroisse, détruit en 1575. Sacristie de 1888.

A.T. [944]

Maître-autel (XVIIIe s.) avec toile représentant Notre-Dame donnant le Rosaire à st Dominique

(XVIIe s.). Autels latéraux et confessionnal (XVIIe s.) Six bancs en chêne (2e moit. XVIIIe s.). Balustrade du jubé remployant sans doute un banc de communion, de style Renaissance (1re moit. XVIIe s.).

Christ en croix (XVIe-XVIIe s.).

A. MAGNIETTE, Op. cit., p. 5.

R. DU FAUBOURG (1)

N° 51 (en face). Petite grange en long de la fin du XVIIIe s. ou du déb. du XIXe s., en moellons de calcaire sous bâtière de tuiles. A g., portail à linteau de bois. Mur-pignon opposé partiellement refait en marbre rose et portail rétréci.        

J.-L.J. [945]

N° 55. Ferme en long en moellons de calcaire composée d'un important logis de deux niveaux probablement de la 2e moit. du XVIIIe s. Au r.d.ch., porte peut-être retouchée entre deux fenêtres et à l'étage, deux fenêtres, à linteau droit sur montants à deux harpes. Ancres en S. Partie supérieure refaite sous la bâtière d'éternit à coyau.

A dr., deux étables sous fenil du XVIIIe s. également, légèrement remaniées, encore desservies par des portes à linteau droit sur montants harpés. Bâtière d'ardoises et d'éternit à coyau. Petite grange appuyée à dr.

En face, beau volume d'une dépendance de la fin du XVIIIe ou du déb. du XIXe s., ayant abrité un fournil. Porte harpée à linteau droit. Autres ouvertures du XXe s. Bâtière d'éternit à croupettes. A.T. [946]

R. DU FOURNEAU (2)

N° 56. Isolé le long du ruisseau des Gérinaux, au pied de la butte qui porte le village, ancien bâtiment industriel en moellons de calcaire. Fonderie établie vers 1830 par Mr. Robaulx de Soumoy à l'emplacement d'un ancien haut-fourneau et arrêtée une quinzaine d'années plus tard. A g., construction à deux ni¬veaux de la 2e moit. du XVIIIe s. Dans le mur-pignon g., trois niveaux de baies à linteau échancré sur montants à deux harpes; au centre, large portail surbaissé et harpé. Une fenêtre d'origine dans le mur gouttereau à rue. Chaînes d'angle. Bâtière d'éternit.

Dans le prolongement à dr., volume plus ancien coiffé d'une toiture aiguë d'ardoises à croupette. Baies actuelles du XXe s. desservant une grange et une étable. A côté, logis daté de 1924 au-dessus de la porte.          

J.-L.J. [947]

A. MAGNIETTE, Op. cit., p. 9-10.

R. HAUT-DU-VILLAGE (3)

N° 9 (à g.). A l'entrée de l'ancienne place fortifiée, chapelle avec abside semi-circulaire, en moellons calcaires chaulés, du XVIIe ou XVIIIe s., retouchée au XIXe s. Précédée d'un emmarchement, porte sans doute refaite. Croix funéraire de Lorens Remi (- 1606) maçonnée dans le pignon. Toiture d'ardoises et croix métallique.       

L.C. [948]

N° 11. Ferme en long en moellons calcaires, datée de 1650 dans un écu au linteau droit de la porte. Ouvertures reprises pour la plupart au XIXe s., sauf la porte au linteau porté par des montants harpés et chanfreinés, ainsi que peut-être la petite fenêtre murée, à dr. De ce côté, allongement du volume, sans doute au XIXe s. Sept corbeaux de chéneau en quart-de-rond. Chaîne d'angle harpée à g. Bâtière d'éternit à croupettes.           

L.C. [949]

N° 12 (à dr.). Maison et étable sans doute du XVIIe s. en moellons de calcaire assisés, aux ouvertures quasi toutes refaites aux XIXe et XXe s. ou de remploi. Surmontant le lourd linteau droit de la porte de l'étable, peut-être encore originale, claveau maçonné portant un écu muet et le millésime de 1683. Toiture d'éternit à la Mansart.

L.C. [950]

N° 14. Ferme perpendiculaire du XVIIe s., de deux niveaux en moellons de calcaire, allongée d'une travée à dr. au XIXe s. Dans le logis, porte moulurée à congés, sans doute d'origine mais déplacée; linteau gravé de la date 1623 et d'un écu orné de deux flèches entrecroisées sous une étoile. A dr. de la porte, vestiges d'une fenêtre chaînée et arc de décharge d'une autre baie. Autres ouvertures des XIXe et XXe s., notamment dans les dépendances à g. Chaînes d'angle de ce côté. Très larges zones de reprise dans la maçonnerie.

Bâtières d'ardoises et d'éternit à croupette.

A.T. [951]

N° 16. Presbytère. Dans un jardin clôturé par un haut mur de calcaire et ouvert par une porte de remploi portant au linteau droit le millésime de 1726, maison perpendiculaire à niveau unique sur cave, sans doute du 2e tiers du XVIIIe s. en moellons de calcaire assisés. Volume exhaussé et élargi d'une travée de part et d'autre v. 1898, comportant à l'origine trois travées de baies à linteau déprimé et clé sur montants harpés, et traverse pour la porte. Chaînes d'angle harpées. Bâtière d'ardoises à la Mansart interrompue par une. grande lucarne centrale. En retour d'équerre à dr., annexe tardive sous toiture d'éternit.

De ce même côté, vers la rue, mur sur soubassement mouluré, jadis ouvert par deux petites fenêtres à encadrement entaillé d'un cavet, peut-être vestige du presbytère construit par l'abbé de Floreffe en 1623..  

L.C. [952]

A. MAGNIETTE, Op. cit., p. 5.

N° 26. Maison de deux niveaux en moellons de calcaire de la 2e moit. du XVIIIe s., probablement de trois travées à l'origine. Subsistent au r.d.ch. une porte à linteau droit sur piédroits harpés et une fenêtre à dr.; à l'étage, deux fenêtres et le linteau d'une troisième à g. Baies à linteau bombé et clé sur piédroits à deux harpes. Cinq corbeaux d'une gouttière disparue sous la bâtière d'éternit. Façade arrière récente.          

A.T. [953]

N° 31. Adossée à une autre exploitation, (en face du n° 36), ferme en moellons de calcaire, sans doute du déb. du XIXe s. Volume abritant un logis et une étable, suivi à g. d'une belle grange en long, dont le passage charretier en saillie détermine une courette. Bâtières d'éternit. Autre étable ajoutée à l'opposé.         

A.T.

N° 35. Maison de deux niveaux en moellons de calcaire, datée de 1683 par les ancres au sommet de la façade. De cette époque, ne subsistent que des fragments du soubassement mouluré en doucine. A g., une travée de fenêtres à linteau bombé et clé de la 2e moit. du XVIIIe s.; autres baies des XIXe et XXe s. Pierre millésimée de 1634 remployée à l'arrière. Bâtière

d'éternit et de tuiles mécaniques.         

J.-L.J. [954]

N° 36 (en face). A l'entrée du plateau, plantée sur l'îlot central du bourg, belle grange flanquée d'étables en brique et moellons calcaires assisés, datée de 1734 sur un cartouche maçonné au-dessus de l'un des portails.

Grange en long sur haute base calcaire, desservie par des portails en plein cintre harpés. Eclairage du côté rue par trois fenêtres harpées à linteau droit sous décharge de brique. Oculi ovales à quatre clés au-dessus de la baie centrale et au sommet des deux pignons. Chaînes d'angle harpées. Frises redentées et consoles d'angle en pierre. Bâtière d'ardoises à croupettes et coyau.

De part et d'autre, volume plus bas d'une étable sous fenil, dont l'une est transformée en habitation, ouverte par une porte entre deux fenêtres. Baies à linteau droit sous décharge en brique et à montants harpés. Oculus transformé en baie de fenil. Murs-pignons en calcaire avec oculi harpés au sommet. Chaînes d'angle harpées. Frises redentées et consoles d'angle. Bâtière d'ardoises à croupettes et coyau.        

L.C.

N° 39. Maison de deux niveaux sur cave en moellons de calcaire, datée par ancres de 163(5?). D'origine, une porte à épais linteau droit sur montants chaînés et peut-être une fenêtre à linteau droit sur montants chaînés à dr. A l'extrême g., trace d'une porte en plein cintre. Autres ouvertures résultant d'aménagements au XVIIIe s.: trois fenêtres à linteau droit et deux à linteau bombé et clé sur montants à deux harpes. Porte murée à g. Chaîne d'angle harpée à dr. Bâtière d'éternit à croupe.

L.C. [955]

R. DU MOULIN (4)

Nos 75-75 (à dr.). Maison de la 2e moit. du XVIIIe s. en moellons de calcaire assisés, allongée de part et d'autre à la fin de ce siècle ou au déb. du XIXe s., comprenant aujourd'hui deux habitations de deux niveaux.

Zone centrale primitivement de trois travées: fenêtres d'origine à linteau bombé et fausse clé sur montants à double harpe pour l'étage. R.d.ch. éclairé par deux fenêtres sans doute postérieures à linteau droit sur montants à deux harpes. Deux portes, l'ancienne à linteau bombé et fausse clé, traverse droite et montants harpés, la seconde, intercalée postérieurement, à linteau droit sur montants harpés.

Allongement à dr. de deux travées de baies toutes différentes, dont l'une sur¬montée d'un linteau en mitre, remplace une porte. A g., fenêtre à linteau droit et étable sous fenil. Bâtière de tuiles.

L.C. [956]

Nos 85-86. En retrait et en contre-haut de la route, important volume en moellons de calcaire réglés, construit en plusieurs phases sans doute dans le dern. qu. du XVIIIe s. et regroupant deux fermes en long, celle de dr. chaulée. Ouvertures pratiquement toutes refaites. A dr. subsistent quatre corbeaux de gouttière. Longue bâtière d'éternit.        

A.T. [957]

R. DU PONT DE PIERRE (5)

N° 57 (en face). Sur l'Hermeton, petit pont en dos d'âne, du XIXe s., composé d'une

arche surbaissée en moellons de calcaire. Parapets en calcaire coiffés de couvre-murs en pierre bleue et encore protégés par            deux des quatre chasse roues.

[958]

FERME DU VIEUX-SAUTOUR

N° 96. Ferme de Vieux-Sautour. Isolé sur un adret, à côté du site de l'ancienne église, vaste ensemble emmuraillé en moellons de calcaire qui s'est développé principalement aux XVIIe et XVIIIe s. suivant un plan complexe, autour de deux cours en L. Propriété des familles Oudart (et Lange?) durant les temps modernes, puis des Licot, anciens seigneurs de Nismes, après la Révolution.

Accès au N. par un portail surbaissé sur montants harpés daté de 1733 à la clé et compris entre deux murs convexes percés d'arquebusières. Au revers, fondations à g. d'un bâtiment disparu. A dr., dépendances en L construites en deux étapes dans la 1re moit. du XVIIIe s.: deux étables et deux bergeries dont les ouvertures primitives sont coiffées de cintres surbaissés en moellons. Bandeau en moellons de calcaire sous la bâtière d'éternit à croupe. Au centre de la façade arrière, une tour circulaire probablement du XVIIe s. flanquait à l'origine l'angle N.E. Construction de trois niveaux, privée de sa couverture et conservant encore deux arquebusières et une petite fenêtre rectangulaire.

En face, logis de deux niveaux reconstruit après la dernière guerre sur des bases anciennes (XVIIIe s.?), bien visibles à l'arrière.

Perpendiculaire à la façade arrière du logis, longue aile d'étables dont la partie la plus ancienne, d'un seul niveau à l'origine, remonte au 1er qu. du XVIIe s. De cette époque, cinq portes ou vestiges de portes gothiques dont l'arc en accolade, parfois sous arc de décharge en brique, pose sur des montants chaînés et chanfreinés terminés par des congés. Une petite fenêtre à linteau droit et congés contemporaine. Exhaussement par un fenil au XVIIIe s., percé de deux baies à linteau droit. Autres ouvertures des XIXe et XXe s.

Allongement vers la g. par deux ou trois étables sous fenil plus hautes, probablement au XVIIIe s. Deux ouvertures de fenil à linteau droit sur montants chaînés et vestiges des piédroits de deux portes. Au centre, remploi de la clé d'un arc en accolade datée « 1619 /P H L A » de part et d'autre d'un motif non identifié, millésime qui se rapporte vraisemblablement aux étables de dr. Bâtière d'éternit à croupette, sur bandeau en moellons à g.

En face, importante grange en long de la fin du XVIIe ou du déb. du XVIIIe s. Portail sur cour à linteau de bois sur montants chaînés, celui de dr. lié à l'angle. Petite fenêtre rectangulaire au centre de la face latérale. Allongement du bâtiment vers l'O. au XIXe s. en englobant l'ancien mur de clôture à l'arrière; nouveau portail en plein cintre vers l'extérieur. Longue bâtière d'ardoises à demi-croupes.

A l'O., mur de clôture percé de deux portails d'accès à la cour de ferme, l'un en plein cintre sur montants chaînés du déb. du XVIIIe s., l'autre du XIXe-XXe s.

Dans l'axe de la grange, à l'E., ancien fournil carré à deux niveaux, du XVIIe s., amputé de son four. A l'arrière, porte en plein cintre sur montants chaînés, murée. Nombreux remaniements aux XVIIIe et XIXe s. Pavillon d'ardoises éclairé d'une lucarne à penne et bordé d'un bandeau en moellons.

Au S. de l'ensemble, vaste jardin rectangulaire clôturé de hauts murs en calcaire, au centre duquel se devinent les substructions d'un bâtiment (ancien logis seigneurial?). A l'angle N.O., petite annexe sans doute du XVIIIe s. qui remploie une porte du déb. du siècle précédent en anse de panier sur montants chaînés et chanfreinés, terminés par des congés. Fenêtre du XIXe s. Bâtière d'éternit à la Mansart.

J.-L.J.

A. MAGNIETTE, Op. cit., p. 14-15.

N° 96 (à côté). Chap. du Cimetière. Construction néo-gothique de la fin du XIXe s. (?) en moellons de calcaire assisés, considérée comme le choeur de l'ancienne église paroissiale de Vieux-Sautour. Plus vraisemblablement, construction nouvelle sur le site de ce lieu de culte.

Au-dessus du portail en tiers-point, croix de remploi avec inscription : « L'AN / 1733 / LE SR OVDART / A FAIT REPARER / CETTE / TOUR / PAR / LIBER / ALITE ». L.C. [959] Splendide autel baroque à portique en bois polychrome. Dalle funéraire de Antoine Lange

( 1598) et croix de 1629 au chevet.

 

 

 

 

 


 

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Dernière mise à jour : 14/07/2010
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